Acteurs principaux

Aujourd’hui, le bien-être animal est le référentiel marché le plus fort, il est source de valeur ajoutée supérieure. Il permet un positionnement différenciant sur un marché où le consommateur demande une étiquette claire et transparente sur les conditions de vie, transport et abattage des animaux qu’il s’apprête à consommer.

 

 

                                                                                                     Saint Malo, le 21 décembre 2017

 

                                                                                                            INAPORC

                                                                                                            M. Guillaume ROUE

                                                                                                             Président

            5 rue Lespagnol, 75020 Paris
                        guillaume.roue@wanadoo.fr

 

Objet : Acteurs principaux

Courrier électronique et L.R.A.R n° 1A 138 021 4944 0

 

Monsieur le Président,

 

En copie de l’intégralité de mes échanges avec M. AUFFRAY, Président de la Fédération Nationale Porcine, vous êtes au courant de la création de la marque de certification européenne bien-être animal et humain "HumAni Vie".

 

Je lisais hier via Les Echos l'annonce de la fusion de Prestor dont vous êtes Président et d'Aveltis. Cette action peut aider à rectifier l’abus de position dominante subi par la filière si suivie d’actions similaires dans un laps de temps réduit au vu du mouvement de concentration inachevé des centrales d’achats (4 en France, 10 pour l’UE). A ce sujet, l’Autorité de la Concurrence conseille d’ailleurs aux producteurs, afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée d’opérer une remontée de filière en étant présents à différents niveaux de la chaîne de valeur et/ou monter en gamme en ciblant des productions agricoles à plus forte valeur ajoutée.

 

Aujourd’hui, le bien-être animal est le référentiel marché le plus fort, il est source de valeur ajoutée supérieure. Il permet un positionnement différenciant sur un marché où le consommateur demande une étiquette claire et transparente sur les conditions de vie, transport et abattage des animaux qu’il s’apprête à consommer. D’ailleurs, Casino est en train de créer son label BEA couvrant uniquement ses propres produits et des labels commerciaux se développent partout, aucun n’englobant l’ensemble des critères exigés par les consommateurs, aucun n’ayant l’indépendance d’une ONG de protection animale comme la nôtre.

 

En l’absence d’une réaction franche plus ouverte que Porc Respect Confiance qui ne satisfait pas aux exigences consommateurs, la filière prend un risque supplémentaire d’atomisation du marché qui plus est par des acteurs extérieurs à la production. Comment les producteurs peuvent-ils être gagnants ?

 

Interventions après interventions, discours après discours, les représentants de la filière porcine et FNSEA martèlent

_ Qu’ils vont valoriser le bien-être porcin d’ores et déjà existant (Porc respect confiance) or le consommateur a des exigences plus élevées ;

_ Qu’ils survivent (1/3 des agriculteurs francais vivant avec €300/mois) avec des coûts de production supérieurs à leur rémunération et veulent une contractualisation sur le long terme avant de s’engager qui leur est niée or, plusieurs industriels fonctionnent déjà en contractualisant avec les coopératives ;

_ Qu’ils refusent d’être pris en otage entre les ONG et les Distributeurs sans avoir leur mot à dire or, lorsqu’une initiative comme HumAni Vie leur demande d’être les acteurs premiers, ils s’en détournent sans mot dire.

 

Pourtant, avec

  • un gouvernement qui clairement encourage la création de groupement de producteurs forts car libéral, refuse de s’immiscer en régulateur d’une guerre des prix ;
  • des EGA posant entre autre une obligation d’augmentation du Seuil de Revente à Perte et contrôle des taux/fréquence de promotion ;
  • un marché européen émergeant du bien-être animal sur lequel la France est absente ;
  • un seuil de vétusté dépassé pour les ¾ des infrastructures bretonnes en filière porcine ;
  • les attaques à répétition dont la filière porcine fait l’objet
  • la volonté des Distributeurs de ne pas se perdre en conjecture quand le consommateur seul décide;

Il nous semble, même si le BEA a été absent des EGA, que le moment est stratégiquement propice à une co-construction positive et valorisante de/pour la filière porcine autour du bien-être animal via la marque de certification européenne de bien-être animal et humain « HumAni Vie » et ce, sans nier les autres priorités de la filière.

 

Lorsque Annick JENTZER, Représentante bien-être Animal de la FNSEA lors du Colloque RMT BEA du 13 décembre à Rennes répond devant l’initiative HumAni Vie qu’elle est au courant et attend de voir quels industriels et distributeurs vont adhérer avant de nous contacter, l’incompréhension est totale. N’est-ce pas là une attitude visant clairement à rester pris en sandwich, ne pas devenir acteur pour mieux se plaindre ensuite ?

 

L’adhésion des producteurs, eux qui travaillent quotidiennement avec les animaux et ont le fardeau des investissements infrastructurels liés au bien-être des animaux de rente, a son importance.

Au fait de ce constat, nous réitérons notre souhait de travailler avec les producteurs sans les « tenir en sandwich » seulement, comment proposer aux producteurs de co-construire le cahier des charges porcin s’ils se détournent automatiquement du projet sans apporter d’arguments vérifiables sur le marché actuel ?

 

Pourrions-nous nous rencontrer et en discuter en Bretagne ou à Paris ?

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président,  en l'assurance de mes respectueuses salutations.

 

Thilo HANE

Présidente-Fondatrice

 

Copie : Mme Ilham MONTACER, Cheffe de cabinet du Ministre de l’Agriculture, M. AUFFRAY (FNP), Mme ROGUET (IFIP).

 

 

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